Mercredi 6 septembre 2006
Etrange, la façon dont l’on déconnecte du monde durant ces quelques semaines prises chaque années. Après avoir fait le plein de revues et magazines pour les moments de farniente, l’on se sent comme « à côté » lorsqu’on les lit au bord d’une piscine ou sur une plage.
Décalage, oui, tout comme celui qui devient banal lors de la prise en main de notre journal, datant de ... l’avant-veille ... le temps pour ce petit bout de papier de nous parvenir.
Décalage perçu également lors des différents trajets européens effectués, lors de passages dans les gares et autres aéroports, on y constate une sécurité chancelante, en ces temps où le risque est soit disant partout, et où les mesures sont draconiennes.
Télévision, bannie pendant le temps d’une pseudo évasion, exception faite d’une finale de championnat du monde de basket-ball, un match, un non match en fait, une correction plutôt, entre une Espagne impressionnante et un pays, la Grèce, qui nous accueille pendant ce court laps de temps, et avec lequel on espère communier dans ce que l’on nomme les joies du sport. Raté.
Radio, on a beau faire des efforts mais non, incompréhensible, RAS.
Internet, ordinateur, non, réseau wi-fi pourtant accessible partout mais à quoi bon finalement, profitons de cette pause.
L’info devient quasi-obsolète, périmée. Seul réconfort, l’absence d’info, à priori. Les quotidiens français que l’on voit titrent sur l’ADN (Libé), le dossier du nucléaire iranien en attente, Le Figaro titre sur le PS. Ça sent l’été tout ça. On ne pourra plus fumer dans les lieux publics dès le 1er Janvier 2007 apprends-t-on. Encore une mesure de l’été, prise on ne sait exactement comment, ni par qui. Tant pis, tant mieux, on est, de toute façon, bien loin de tout ça. On constate que le mot Ultimatum ne veut plus rien dire, le nucléaire iranien reste en suspend, à quoi peut bien servir l’ONU se dit-on. L’hypothétique reprise du conflit entre le Hezbollah Libanais et Israël n’a pas eu lieu. Tant mieux.
A croire que l’info aussi est en vacances...
Et puis le retour, la lente reprise de ses habitudes, lente du fait du manque d’info. On fait le bilan des évènements ratés, une once d’angoisse qui se transforme peu à peu en soulagement.
Les élections congolaises ont été marquées par un bain de sang, celles du Mexique sont contestées. Les ONG sont devenues « non gratta » au Sri Lanka. Fidel est présent mais vacant. Irak, Afghanistan, Corée du Nord sont autant de statut quo. Moshé Katsav, président fantôme d’un pays où l’on ne voit que le Premier Ministre, Israël, est dans la tourmente d’une affaire de harcèlement sexuel. La FINUL renforcée que l’on attend encore. La France qui replonge dans la campagne présidentielle de plus belle.
La seule info que l’on retient n’en est même pas une, en France, il n’y a pas eu d’été, il a plut, le soleil s’est montré très discret, peut être a-t-il, tout comme on l’espère de l’info, attendu notre retour pour se manifester à nouveau.
Pendant quelques instants, on a l’impression que l’on pourrait se passer de tout ça.
Et puis, on devient impatient, il faut que cela reparte, vite et fort. On part alors à la recherche de la pépite, de l’info qui ne fait pas encore la Une, pas encore, mais qui présage quelque chose, vague intuition, envie ...
On cherche, on traque, à l’affût, tapis devant un fil de dépêche d’agence. La machine se remet en marche.
Imperceptiblement, on y est, comme si ces vacances, ce black out d’infos n’avait finalement été qu’un court instant, une nuit, une minute ...
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